Je dis elle...

Publié le par Etre Là...

 

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Elle rentre du travail, les bras un peu chargés et surtout, les traits tirés par la fatigue.

La fête que lui fait l'Ami Canin dessine sur son visage un large sourire.

Dans la cuisine, elle dépose un carton dans lequel s'entrechoquent trois bouteilles de Champagne.

Ce n'est pas mon anniversaire, ni le sien, il ne s'agit pas d'une date particulière.

 

- On fête quoi au juste ?

- Rien ! C'est juste Firmin qui a apporté un carton de bouteilles de champagne pour nous remercier de l'avoir aider à avoir enfin son propre logement. J'ai eu beau lui expliquer, un peu gênée,  que ce n'était pas la peine, il a insisté et est reparti.

- C'est plutôt sympa.

- Peut-être mais c'est génant tout de même.

- Tu aurais préféré des chocolats ?

- Grrrr ! Ce n'est pas évident ce genre de situation car ça pause deux problèmes : d'un côté Firmin tient à remercier celles et ceux qui ont oeuvré afin de l'épauler dans ses démarches de re-logement, de l'autre, son présent n'est pas justifié car après tout, nous n'avons fait que notre travail.

- Firmin est content de sa nouvelle situation et tiens à le faire savoir par ce geste généreux et spontanné.

 

Elle acquièse et mets en route son ordinateur portable. Pendant au moins une bonne heure, elle s'occupera du travail qu'elle a ramené à la maison.

 

Je vis au quotidien son engagement dans son travail, ses questionnements, ses doutes mais aussi ses sourires dans la réussite, comme celle de ce couple qui vivait en caravane sous un pont, près d'u chemin de fer qui, à présent, ont leur petit appartement après près de trois ans de travail acharné, de soutien, de hauts et de bas, comme ce couple de gens du voyage re-logé malgrès les craintes du bailleur, comme ce petit môme, Gaspard, qui fait parti d'une fratrie de 9 enfants, repli é sur lui-même, qui à présent, via le dessin, s'exprime et s'ouvre un peu plus aux autres, comme cet homme qui travaille sur Paris mais ne trouve pas de logement pour lui et sa compagne et dont le dossier logement au abords de Paris a de bonnes chances d'aboutir...

 

Et puis tous ces à-côtés, toujours liés à son volontariat et à son engagement qui lui fait prendre sa voiture pour conduire telle ou telle personne à l'hôpital, d'emmener des enfants assister à l'enregistrement d'un clip vidéo auquel, réticents au départ, ils prendront part avec ce putain de sourire qui te fait monter les larmes aux yeux, les emmener à la mer le temps d'une journée, rendre visite régulièrement aux "dossiers classés"...

 

Et puis, et puis, et puis...

Son bénévolat ou militantisme pour les Enfants du Canal, pour les Enfants de Don Quichotte, pour le Collectif les Morts de la Rue...

 

Et puis, et puis, et puis...

Il y a moi qui l'épaule comme je peux, qui regarde cette ballerine du coeur se démener comme un beau diable contre ses doutes, ses interrogations, ses échecs, ses réussites...

 

L'heure est passée. Elle se prépare un thé bien chaud et, le temps que celui-ci refroidisse un peu, elle enfile son manteau et part en ballade avec l'Ami Canin qui n'attends que ça. A croire qu'il en a marre des ballades avec ma pomme.

 

Nous avons souvent des discussion autours du fait de communiquer sur ce qui est fait, pas fait, "mal" fait concernant la lutte contre les précarités. Non pas pour mettre les acteurs en avant mais informer tout simplement. C'est une question récurente au sein d'ATD Quart-Monde si j'ai bien compris. C'est aussi mon questionnement. Alors ce blog, Être-là..., c'est une façon comme une autre de le faire et je trouve qu'elle le fait très bien.

 

Je dis "Elle" mais vous aurez compris qu'il s'agit de Claire, ma compagne, la coupable de ce blog, celle qui en plus de tout ça doit supporter mes doutes, mes humeurs, ma bouille mal rasée, qui m'épaule sans cesse dans tout ce que j'entreprends...

 

Je squatte son blog le temps de ce billet qui prends fin car elle viens juste de rentrer avec l'Ami Canin.

Autours d'un petit repas sympatoche et pour se changer les idées, on parlera précarité, mal logement, SDF,... pour se changer les idées.

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