Expulsion programmée
L'avis d'expulsion est arrivé
Cette fois il n'y a plus grand chose a espérer...
Cela fait deux ans que j'accompagne cette famille...
pas facile, il a fallu beaucoup de temps pour que la confiance existe entre nous tous
Mais sur cette histoire je suis arrivée trop tard... j'avais espéré qu'au moins nous gagnerions un peu de temps pour éviter une catastrophe, essayer d'anticiper un peu ce qui arriverait de toutes façons... nous le savions tous les trois.
Et puis il y a 10 jours Jocelyne m'a appelé "l"huissier est passé, nous sommes expulsés, il a dit que ça serait pour la fin du mois de juin qu'est ce qu'on va faire ?" 
Que faire, je n'en sais rien, par contre il faut préparer le départ, trier les affaires, penser au plus important, à l'indispensable, les papiers, les affaires des enfants, trouver un box pour conserver quelques meubles...
c'est le chaos et la tempête dans la maison
J'accompagne Jocelyne chez une assistante sociale, qui nous rassure "l'expulsion n'aura pas lieu avant la fin du mois de juillet... comptez à partir du 20 pour être sure..." Jocelyne s'effondre en larmes, rassurée... cela laisse un peu de temps... elle va pouvoir souffler et reprendre les choses un peu plus calmement
Je l'encourage à continuer les cartons, à continuer seule puisque son mari, face à cette terrible réalité, a baissé les bras et fuit loin de sa femme et ses enfants...
je ne juge pas, je ne veux pas juger, pour l'instant il faut continuer à avancer, trier, donner, vendre, rassurer les enfants, et préparer l'audience au tribunal de la semaine suivante,
Mais mardi matin, mardi 5 juillet, Jocelyne m'appelle en catastrophe... "Claire les huissiers sont là, ils nous mettent dehors... c'est finit... Claire vite"...
C'est trop tard
je suis de toutes façons trop loin pour arriver à temps, et même si j'arrivais, je ne servirai à rien...
c'est trop tard, Jocelyne et ses enfants sont dehors, la serrure est scellée, ils n'ont presque rien pu prendre,
ils n'étaient pas prêts, nous avons écouté cette assistante sociale qui je suis certaine était persuadée de ses paroles
Je ne sais pas ce qui a fait se dérêgler les choses, je ne sais pas ce que nous aurions du dire ou faire...
mais en tous les cas ce soir Jocelyne et les enfants sont dehors, traumatisés par ce qu'ils viennent de vivre
et moi je vais avoir du mal à trouver le sommeil